C’est un joueur que la France a follement aimé, capable de faire un tour d’honneur après une première sélection. Juste pour savourer ce moment rare où l’on commence à s’installer sur les sommets. Puis il y eut le Mondial 2006 pour confirmer qu’il pouvait se hisser au très haut niveau, avec en point d’orgue l’égalisation contre l’Espagne (victoire 3-1) en 8e de finale et un Franck Ribéry qui fait l’avion après son but, comme on plane sur un bonheur inouï.
Ce sont des images rangées dans nos souvenirs. Reverra-t-on un jour ce Ribéry-là ? Le joueur s’est présenté hier à la presse. C’est seulement la deuxième fois depuis la terrible Coupe du monde 2010. La première, c’était un passage obligé, entre mea culpa et mises au point. Une mise en scène ratée.
Hier, c’est un autre Ribéry qui s’est confessé. Détendu, ouvert et pertinent. Il nous promet enfin le meilleur. Le meilleur de lui-même, bien sûr. « J’espère que l’on retrouvera le Franck Ribéry de 2006, dit le milieu du
Bayern Munich. Je suis là pour ça. Je veux reprendre du plaisir avec les Bleus. Ces deux dernières années ont été difficiles pour moi en
équipe de France. J’ai toujours envie d’y croire et de refaire ce que je faisais à mes débuts en Bleu. » Il faut dire qu’avec Laurent Blanc il a enfin trouvé un sélectionneur qui lui dit les choses.
En public, Blanc ne cesse de le titiller. On imagine ce qu’il peut lui confier en privé. « Ce serait bien qu’individuellement certains joueurs redeviennent importants comme ils le redeviennent avec leurs clubs, explique ainsi le patron de la sélection. C’est impératif pour se qualifier et augmenter notre niveau. » C’est un message. Ribéry affirme qu’il l’a bien reçu. « J’ai conscience qu’il (Blanc) attend plus de moi, expose l’ancien joueur de l’OM. Mes derniers matchs avec l’équipe de France n’ont pas été mes meilleurs. J’ai eu des retrouvailles difficiles. Il y avait un stress, on reparlait des problèmes d’avant. »
Pour Ribéry, Blanc a même complètement remodelé son architecture offensive. Pour l’installer dans le couloir gauche, il a ainsi expédié Florent Malouda à droite. Et même mauvais, il lui maintient sa confiance, repoussant l’éclosion en Bleu des talents prometteurs (Ménez, Rémy).
« Depuis le début de saison, je suis très bien, glisse le Munichois. Je fais de bons matchs en club, je retrouve de bonnes sensations dans mon jeu comme lors de mes deux premières saisons au Bayern. Je suis heureux, libéré. Je ne pense qu’au foot. » C’est ce qui pouvait lui arriver de mieux.